Une autre lecture du rapport Racine

13/02/2020

droit d'auteur·e
politique
rémunération

Le « rapport Racine » a été publié le 22 janvier dernier. Rédigé dans un style technocratique, il amalgame sans ordre des mesures disparates, parfois contradictoires, et se distingue par une absence de vision politique, c’est-à-dire d'une réflexion ne se limitant pas à de simples recommandations mais proposant d’autres façons d’envisager les problèmes. La mission Racine livre ainsi un mélange de mesures timorées (généraliser le droit de représentation, rémunérer les auteur⋅es pour les salons et les festivals, etc.) et de préconisations confortant la centralité de la logique patrimoniale du droit d’auteur, identifiant le travail à la subordination et accompagnant l’irruption du néolibéralisme dans l'art (résignation à la montée des plateformes, promotion du système scandinave des commissioners, etc.). À aucun moment les concepts fondamentaux (propriété littéraire et artistique, création, travail, etc.) ne sont discutés, et de ce fait le rapport livre une vision profondément conservatrice des champs de production culturelle.



Le groupe La Buse a réalisé un arpentage* du rapport Racine.

* L’arpentage est une méthode d’éducation populaire qui permet de faire une lecture collective d’un texte et qui favorise l’appropriation critique d’écrits à priori complexes, touffus ou intimidants.