Riester

15/01/2020

politique

Franck Riester, qui ne brille ni pas son dynamisme ni par sa pertinence, est sorti de sa réserve pour aligner quelques lieux communs libéraux et réaffirmer le mépris de ce gouvernement pour les travailleur⋅ses en lutte :



1) Les travailleur⋅ses de l'Opéra de Paris devront plier coûte que coûte. Les danseuses et les danseurs seront reclassé⋅es et forcé⋅es de s'employer jusqu'à un âge avancé pour bénéficier d'une petite pension indexée sur leur comportement dans l'emploi. On voit bien que le problème des libéraux est que des travailleur⋅ses se voient attribuer un salaire inconditionnel à 40 ou 42 ans, non pas pour cesser de travailler, mais pour le faire comme ils⋅elles l'entendent, sans employeur et sans commanditaire. Cette perspective, rendue possible par le système de retraite actuel, fait horreur aux conservateurs représentés par Franck Riester.



2) La télévision et la radio doivent être inscrites « dans le XXIe siècle » pour préparer « l'audiovisuel de demain ». Sibyle Veil, présidente de Radio France, ex-liquidatrice de l'AP-HP, qui projette de supprimer 300 postes d'ici 2022, a toute la confiance du ministre. Il est indispensable de retirer 20 millions d'euros à la radio publique. Les personnels en grève sont irresponsables.



3) Les plateformes numériques (Amazon, Netflix, Disney) sont des solutions d'avenir. Franck Riester est « conscient de ce que ça apporte à nos compatriotes en termes de services ». Il faut s'en réjouir et faire confiance au marché. Une petite redevance est envisagée pour enchaîner le financement de la création aux résultats financiers des géants de l'entertainment et créer des « champions français de la télévision, de la radio et de la production cinématographique et audiovisuelle ». Vous avez la nausée ? Ne partez pas tout de suite, il en reste un peu.



4) Il faut introduire la publicité ciblée à la télévision, comme sur YouTube, pour augmenter les recettes publicitaires et enchaîner le financement de la création et de l'audiovisuel aux résultats financiers des vendeurs de rasoirs, de l'industrie automobile et des agences de pub.



La grève continue, Monsieur le ministre. Soyez certain que nous serons toujours aux côtés de celles et ceux qui combattent votre vision du monde et de la culture en particulier.



À demain