Barthélémy Bette

27/01/2020

droit d'auteur·e
travail

« Cette vision un peu désenchantée ne signifie pas que tous les discours politiques au sein du monde de l’art sont illusoires ou opportunistes. Bien au contraire ils témoignent, comme je l’ai dit, de la conscience des formidables inégalités présentes dans ce champ. Mais pour que ces réflexions puissent changer réellement les institutions de l’art, il faudrait que les artistes fassent comme font les autres groupes sociaux pour faire émerger des droits nouveaux : engager des luttes collectives. Pour sortir de l’impasse politique actuelle, il faut faire une distinction conceptuelle simple, mais qui n’est pas souvent admise, entre le travail de l’artiste et son statut. Ce n’est pas parce qu’il y aurait des luttes collectives exigeant des formes de redistribution des revenus artistiques (par exemple une taxe Tobin sur les transactions financières de l’art ou un droit de présentation dans les expositions, à l’image d’un droit de représentation pour la musique ou le théâtre), que cela aboutirait à une uniformisation artistique. Remettre en cause cette idée commune que “l’art, ce n’est pas du travail” ne veut pas dire que l’activité artistique est un travail comme un autre – il faut au contraire en préserver les spécificités – mais plutôt qu’être artiste est une fonction sociale comme une autre et qu’à ce titre elle peut prétendre aux mêmes droits politiques. »



Barthélémy Bette, La belle revue #8